<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[Philosophy Is Sexy]]></title><description><![CDATA[Philosopher | Teacher | Writer | Lover Le miracle du réconfort, Flammarion-Versilio. ]]></description><link>https://philosophyissexy.substack.com</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!7W2z!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F1e3c3c2f-e6c2-425e-ae71-347207549914_1125x1125.jpeg</url><title>Philosophy Is Sexy</title><link>https://philosophyissexy.substack.com</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Thu, 25 Jun 2026 05:48:26 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://philosophyissexy.substack.com/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[Marie  ROBERT]]></copyright><language><![CDATA[en]]></language><webMaster><![CDATA[philosophyissexy@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[philosophyissexy@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Philosophy Is Sexy]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Philosophy Is Sexy]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[philosophyissexy@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[philosophyissexy@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Philosophy Is Sexy]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[La spiritualité, ce lot que l’on a vidé de son sens. ]]></title><description><![CDATA[Nouvel &#233;pisode de mon podcast Philosophy is Sexy.]]></description><link>https://philosophyissexy.substack.com/p/la-spiritualite-ce-lot-que-lon-a</link><guid isPermaLink="false">https://philosophyissexy.substack.com/p/la-spiritualite-ce-lot-que-lon-a</guid><dc:creator><![CDATA[Philosophy Is Sexy]]></dc:creator><pubDate>Sun, 17 May 2026 13:00:30 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!7W2z!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F1e3c3c2f-e6c2-425e-ae71-347207549914_1125x1125.jpeg" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des &#233;pisodes que l'on &#233;crit avec plus de gravit&#233; que d'autres. Celui-ci en fait partie.</p><p>Peut-on &#234;tre profond&#233;ment spirituel sans croire en Dieu ?</p><p>Peut-on &#234;tre religieux sans &#234;tre spirituel ?</p><p>Ce sont les deux questions par lesquelles s'ouvre ce nouvel &#233;pisode de mon podcast Philosophy Is Sexy, en ligne aujourd'hui. Et ce sont deux questions qui, je crois, m&#233;ritent qu'on s'y arr&#234;te vraiment.</p><p>Nous vivons une &#233;poque paradoxale. Les religions traditionnelles s'effacent en Occident (moins de pratiquants, moins de bapt&#234;mes, moins de transmission). Et pourtant, la soif spirituelle n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte : retraites silencieuses, m&#233;ditation, yoga, mystiques diverses, rayons entiers de d&#233;veloppement personnel&#8230; Tout se passe comme si l'on avait &#233;vacu&#233; la religion sans pour autant &#233;teindre la soif qu'elle abritait.</p><p>Et cette soif, livr&#233;e &#224; elle-m&#234;me, peut &#234;tre f&#233;conde ou tomber dans toutes sortes de pi&#232;ges, du marketing du bien-&#234;tre aux d&#233;rives sectaires.</p><p>Il est donc urgent de reprendre ce mot au s&#233;rieux. De le penser. De ne pas le laisser flotter dans le vague des magazines de mieux-&#234;tre.</p><p><strong>Un puits &#224; d&#233;sencombrer</strong>. </p><p>Pour entrer dans le sujet, j'ai voulu commencer par une voix qui ne quitte jamais ma table de chevet : celle d'Etty Hillesum, jeune femme juive n&#233;erlandaise, qui &#233;crit le 26 ao&#251;t 1941, deux ans avant de mourir &#224; Auschwitz &#224; 29 ans, ces mots qui changent tout :</p><p>&#171; Il y a en moi un puits tr&#232;s profond. Et dans ce puits, il y a Dieu. Parfois je parviens &#224; l'atteindre. Mais plus souvent, des pierres et des gravats obstruent ce puits, et Dieu est enseveli. Alors il faut le remettre au jour. &#187;</p><p>Cette image du puits d&#233;place radicalement la question. La spiritualit&#233; n'est pas la rencontre d'un ailleurs lointain, ni d'un ciel &#224; conqu&#233;rir. Elle est l'acc&#232;s &#224; une profondeur int&#233;rieure &#8212; souvent obstru&#233;e par le bruit, l'angoisse, la pr&#233;cipitation, par tout ce qui encombre nos vies.</p><p>Le travail spirituel, alors, consiste moins &#224; acqu&#233;rir qu'&#224; d&#233;sencombrer.</p><p><strong>Quatre voix pour penser autrement</strong></p><p>Dans cet &#233;pisode, je convoque quatre penseurs majeurs qui ont, chacun &#224; leur mani&#232;re, pens&#233; la spiritualit&#233; avec exigence &#8212; sans la r&#233;duire &#224; la religion, ni la d&#233;voyer en tisane m&#233;taphysique.</p><p>**Andr&#233; Comte-Sponville** d'abord, pour poser le cadre. Dans *L'esprit de l'ath&#233;isme*, il d&#233;fend une th&#232;se lumineuse : la religion est une forme possible de la spiritualit&#233;, mais elle n'est pas la seule. Un ath&#233;e peut avoir une vie spirituelle aussi intense, aussi profonde, aussi exigeante qu'un croyant. Et inversement, on peut &#234;tre religieux sans jamais &#234;tre spirituel &#8212; par habitude, par conformisme, sans rien &#233;prouver int&#233;rieurement. Sa formule reste c&#233;l&#232;bre : &#171; Le XXI&#7497; si&#232;cle sera spirituel et la&#239;que ou ne sera pas. &#187;.</p><p>**Mircea Eliade** ensuite, immense historien des religions, pour &#233;largir radicalement notre regard. Dans *Le sacr&#233; et le profane*, il montre que tous les peuples, sous toutes les latitudes, ont exp&#233;riment&#233; le sacr&#233; &#8212; et que cette exp&#233;rience est constitutive de l'humanit&#233;. L'homme moderne occidental, malgr&#233; son d&#233;senchantement apparent, reste un *homo religiosus* qui s'ignore. Le coup de foudre, la fascination pour une &#339;uvre d'art, l'&#233;merveillement devant un nouveau-n&#233; : autant de hi&#233;rophanies d&#233;plac&#233;es, d&#233;barrass&#233;es de leurs cadres traditionnels mais structurellement identiques &#224; l'exp&#233;rience religieuse fondamentale.</p><p>**Philippe Descola** ensuite, successeur de L&#233;vi-Strauss au Coll&#232;ge de France, qui a v&#233;cu dans les ann&#233;es 1970 chez les Achuar d'Amazonie. Sa th&#232;se, dans *Par-del&#224; nature et culture*, est vertigineuse : notre mani&#232;re occidentale de s&#233;parer la nature de la culture n'est pas universelle &#8212; c'est une particularit&#233; historique n&#233;e entre le XVI&#7497; et le XVII&#7497; si&#232;cle. Elle nous a donn&#233; la science et la technique, mais elle nous a coup&#233;s d'une exp&#233;rience plus sensible, plus relationnelle, plus anim&#233;e du monde. &#192; l'heure de la crise &#233;cologique, ce diagnostic devient br&#251;lant.</p><p>**Christian Bobin** enfin, parce qu'il manquait la dimension sensible, charnelle, presque po&#233;tique de la spiritualit&#233;. Pour Bobin, le sacr&#233; n'a jamais quitt&#233; le monde &#8212; c'est nous qui avons cess&#233; de le voir. *La pr&#233;sence pure*, &#233;crit alors que son p&#232;re souffrait d'Alzheimer, est l'un des plus beaux livres que je connaisse. L'arbre devant la fen&#234;tre y devient un ma&#238;tre spirituel. Et cette phrase, que je garde toujours avec moi : *&#171; Ce qui est bless&#233; en nous demande asile aux plus petites choses de la terre et le trouve. &#187;*</p><p><strong>Ce qui reste</strong></p><p>Au bout de ce parcours, une conviction : la spiritualit&#233; est moins un avoir qu'un mouvement. Elle n'est pas une certitude que l'on acquiert, mais une orientation que l'on tient. Elle ne nous met pas &#224; l'abri de la vie &#8212; elle nous y rend plus sensibles. Elle ne nous dispense pas du doute &#8212; elle nous le rend habitable. Elle ne nous donne pas de r&#233;ponses &#8212; elle nous apprend &#224; mieux poser les questions.</p><p>C'est, peut-&#234;tre, le plus beau et le plus exigeant des programmes.</p><p>&#8212;&#8212;&#8212;</p><p>*Le nouvel &#233;pisode est disponible sur toutes les plateformes d'&#233;coute. S'il vous touche, partagez-le autour de vous &#8212; c'est la plus belle fa&#231;on de faire vivre la philosophie.*</p><p>&#192; tr&#232;s vite,</p><p>Marie&#129293;</p><p></p><p></p>]]></content:encoded></item></channel></rss>